En ce début d’année 2022, Emmanuel Macron a réalisé une interview dans Le Parisien. En plein « débat » du parlement sur le pass vaccinal, elle a permis de révéler enfin la véritable teneur de cette décision politique : protéger les Français c’est bien, les emmerder c’est mieux.

Une petite phrase qui en dit long

« Eh bien là, les non vaccinés j’ai très envie de les emmerder. Donc on va continuer à le faire jusqu’au bout, c’est la stratégie » dit le président dans son entretien au Parisien avant d’ajouter « Les non-vaccinés sont des irresponsables et les irresponsables ne sont plus des citoyens ». Le mot est lâché ; on ne cherche pas à protéger les vaccinés mais à emmerder et à exclure ceux qui ne le sont pas. 

Cette phrase marque un tournant majeur dans la politique d’Emmanuel Macron. Lui qui se présentait comme le président rassembleur, qui voulait défendre les libertés, mettre fin aux divisions et à l’archipelisation de la France, finit par faire l’exact inverse de ce qu’il promettait.

Plus encore, Emmanuel Macron bafoue l’un des principes fondateurs de notre système démocratique : le Président de la République est le Président de tous les Français. Ses prédécesseurs s’étaient jusqu’ici efforcés d’au moins maintenir les apparences. 

Même en parlant des terroristes, Emmanuel Macron disait que « Le mal ne peut être exclu de la communauté nationale ». La question de la vaccination rend fou et cet épisode en est le meilleur exemple. Dans le monde d’avant, même prendre les armes contre son propre pays n’empêchait pas d’en être citoyen, aujourd’hui refuser un vaccin nous en exclurait. 

Des responsables irresponsables qui jugent des irresponsables responsables

Emmanuel Macron juge irresponsables ceux qui refusent le vaccin. Il serait à propos de lui rappeler que s’il peut se permettre d’emmerder les Français aujourd’hui, c’est justement parce que son gouvernement refuse la vaccination obligatoire par peur d’être responsable des pots cassés. Il est toujours plus facile de demander du courage aux autres lorsqu’on en n’a pas soi-même.

Emmanuel Macron pourrait également se montrer responsable de ses erreurs depuis le début de la crise. On pourrait résumer ses mesures par sa phrase prononcée à propos de l’application StopCovid « Je ne dirai pas que c’est un échec. Je dirai que ça n’a pas marché. ». Ce gouvernement refuse d’assumer la moindre erreur, même les plus flagrantes, et refuse ainsi de prendre ses responsabilités. Donner des leçons en la matière relève alors du ridicule voire de l’indécence, deux traits spécifiques aux macronistes et à leur chef. 

La crise sanitaire est un sujet trop sérieux pour être laissé à un magistère de la santé. Depuis le début de la pandémie, les mesures les plus arbitraires se sont enchaînées suivant une politique du doigt mouillé. La vaccination est l’aboutissement de ce chaos et ce qui devrait être un sujet scientifique est devenu un dogme. Il n’y a plus de mise en perspective ni de questionnement. Le vaccin est bénéfique, qui que l’on soit. Plus que cela, ne pas se faire vacciner serait même criminel. On peut encore librement estimer que ce vaccin ne nous est pas nécessaire, que l’on ne présente pas les mêmes risques à 7 ou à 77 ans.

Le dogmatisme vaccinal et sanitaire a également pris une couleur politique. Le vaccin est devenu un marqueur de division important entre plusieurs franges de la population. Se vacciner c’est bien, ne pas le faire c’est mal. Ce sophisme permet de radicaliser les électorats et de rajouter des tensions au sein d’une population française déjà excédée. Le climat politique devient irrespirable, au point d’empêcher les échanges et de cacher le fond des problèmes. On comprend que le débat et le fond n’étant pas la panacée de la start-up nation LREM, encourager les tensions et le dogmatisme avantage le parti présidentiel. Le bruit des bottes étouffé par le silence des pantoufles.

Le service après-vente du président a été sur tous les fronts après la sortie de cette interview. Gabriel Attal a donné une conférence de presse pour défendre la pensée prétendument complexe de son maître. Il a une nouvelle fois accusé les non-vaccinés de mettre à feu le pays. Il serait bon de lui rappeler que c’est lui et son gouvernement qui depuis bientôt deux ans enferment les Français. Qui met le feu aux poudres ? 

Si les hôpitaux sont en tension, c’est en grande partie dû aux nombreuses fermetures de lits. Ce gouvernement n’a mené aucune réforme structurelle, la meilleure preuve étant que même avec le vaccin l’hôpital semble encore débordé. 

Ce climat de peur qui gâche la vie des Français, ce sont eux qui l’ont décidé et qui l’entretiennent. Nous sommes aujourd’hui dans un pays ou l’on se réjouit d’apprendre que l’on aura le droit de sortir pour fêter le nouvel an, un pays ou l’on remercie le gouvernement de nous autoriser à sortir de chez nous. Ce sont leurs mesures qui nous empêchent de sortir et de voir nos proches. Une nouvelle fois, le gouvernement devrait faire preuve de maturité en acceptant la responsabilité de ses choix

A droite, les réponses divergent

A droite, les réactions aux déclarations d’Emmanuel Macron ont été très différentes. Valérie Pécresse a préféré garder le silence. Étant d’accord en tout point avec le président, elle n’aurait pas osé faire exception aujourd’hui. Un poste de Premier Ministre est tout de même en jeu. Christian Jacob, patron des Républicains, a également affirmé à LCI qu’ils voteront malgré tout le pass vaccinal. Chez LR on est courageux occasionnellement. 

Éric Zemmour a dénoncé quant à lui l’utilisation politique du pass. Il conspue également le mépris d’Emmanuel Macron pour une partie des Français. Enfin, il apporte une réponse sur l’hôpital, en proposant d’embaucher d’urgence mille médecins dans les déserts médicaux afin de réduire la pénurie. Il propose ensuite de supprimer les ARS pour laisser plus de place au préfet et surtout aux médecins, plus à même de savoir ce qui est vraiment nécessaire à leur travail et au bien des patients. Il est également opposé au pass sanitaire et à la vaccination des enfants qui n’ont aucun intérêt d’un point de vue sanitaire. 

Sa vision plus pragmatique est plus que bienvenue en ces temps de dogme.

Christopher Malivert
Rédacteur