Les Calédoniens étaient appelés ce 12 décembre à un troisième référendum sur leur indépendance. Avec une participation très faible suite à l’appel des indépendantistes à ne pas se rendre aux urnes, le non l’a largement emporté.

La conclusion d’une longue histoire

Depuis 1988, un processus de décolonisation avait été organisé suite à des affrontements entre Kanaks, peuple d’origine de la Nouvelle-Calédonie, et Caldoches, peuple d’origine européenne. 

Aujourd’hui, la population calédonienne était appelée à se prononcer une troisième fois par référendum sur leur indépendance. Les deux premiers s’étaient soldés par un refus et le troisième a donné sans surprise le même résultat.

Ce dénouement était attendu ; les indépendantistes du Front de Libération Nationale Kanak Socialiste (FLNKS) ont appelé au boycott et demandé un report à septembre 2022. Ils refusent pour l’instant de reconnaître la légitimité de ce scrutin. Ils expliquent que la crise sanitaire a empêché une véritable campagne.

Le choix de la France face à la Chine

La Nouvelle Calédonie possède la deuxième réserve « d’or vert », le nickel. Ce minerai rare permet notamment la fabrication de batteries. Son exploitation représente un cinquième des emplois privés de l’île et 90% de la production est importée par la Chine. La zone maritime en plein Pacifique est plus généralement une zone riche en ressources et stratégique à bien des égards. 

La Nouvelle Calédonie est donc particulièrement intéressante économiquement et géopolitiquement. La Chine pourrait lorgner sur ces terres et tenter d’en capter les richesses comme elle le fait pour d’autres pays comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les partisans de la Nouvelle Calédonie française ont particulièrement dénoncé ce risque.

En choisissant de rester français, les Calédoniens ont ainsi préféré la protection de notre nation à la servitude programmée par la Chine. 

Vers une nouvelle politique

L’État français a eu des réactions pour le moins étonnantes vis-à-vis de ce processus d’indépendance. Le protocole mis en place depuis 1988 était largement en faveur des indépendantistes. Les socialistes et l’ex-président François Hollande en tête ne s’étaient pas donnés la peine d’accorder une grande importance au scrutin. 

La présidence d’Emmanuel Macron n’a guère été plus favorable au maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein de la France : lui qui par idéologie traitait la colonisation de crime contre l’humanité, on peut facilement imaginer de quel côté penchait son choix.

Éric Zemmour proposait récemment de nouvelles  mesures suite au dernier refus d’indépendance. Il souhaite un dégel du corps électoral (une révision constitutionnelle interdit le vote à presque 18% des électeurs de l’île), et une équité de traitement entre les différentes ethnies du territoire. 

Il ne veut plus de référendum d’indépendance et propose un nouveau système se basant sur les collectivités provinciales. La Nouvelle Calédonie possédant de nombreuses ethnies et coutumes différentes, cette gestion permet de faciliter le respect de chacune.

Christopher Malivert
Rédacteur

Photo : Site officiel du ministère de l’intérieur https://www.interieur.gouv.fr/actualites/actu-du-ministere/3e-referendum-dautodetermination-en-nouvelle-caledonie