Ce mercredi, Emmanuel Macron est en déplacement à Vichy. Le président, qui n’est évidemment pas en campagne au frais du contribuable, est venu symboliquement dans cette ville pour répondre à Éric Zemmour.

Un président qui a besoin d’être en campagne pour aller à la campagne

Le très provincial Emmanuel Macron est en visite à la campagne aujourd’hui. Il n’est évidemment pas question de campagne électorale, mais d’une visite mémorielle. Il se rend à Vichy pour commémorer la mémoire des déportés et des parlementaires qui se sont opposés au transfert des pleins pouvoirs à Pétain. Hasard du calendrier, cette commémoration arrive après le premier grand meeting de campagne de Éric Zemmour dimanche dernier. L’occasion pour Emmanuel Macron de s’attaquer à son nouveau rival pour la course à la présidentielle. 

Le président Macron a pu rencontrer des habitants de province à Vierzon. Il a échangé sur des sujets divers comme les petites retraites, la hausse du coût de l’énergie ou la désindustrialisation. 

Les images trahissent le parisien. Il est surpris par toutes les questions et semble découvrir des situations du quotidien. La sortie rappelle celle d’Oradour-sur-Glane en 2017. Tentant déjà à cette occasion de sortir la très peu usée carte de la guerre au supposé fascisme, la population locale avait déploré qu’il n’ait pas daigné venir les voir et parler de leurs véritables problèmes du quotidien comme la désindustrialisation ou le coût de la vie. Les revendications des gilets jaunes avaient dû remonter jusqu’aux mairies à l’occasion du grand débat mais ne semblent pas avoir atteint l’Elysée.  

Le jeune homme conquérant de 2017 semble épuisé. Celui qui promettait doit aujourd’hui rendre des comptes. Cinq ans à l’Elysée semblent une éternité. La fougue et le contact facile ne marchent plus. Il est en plus piégé par lui-même, après avoir usé depuis plus d’un an de l’argent magique, il est difficile d’expliquer aux gens qu’il ne peut pas tout. Lui qui avait réussi à se placer comme l’homme du renouveau, dans l’air du temps, est aujourd’hui en décalage. 

Des raccourcis faciles pour éviter le fond

A Vichy, le président en a profité pour parler d’histoire. Il a souligné qu’elle ne devait pas être manipulée. Il a dû omettre de préciser que cette phrase s’appliquait uniquement aux autres. Sa présence dans la ville étant évidemment uniquement pour ressortir la marionnette du fascisme afin de lutter contre Éric Zemmour.

Pourtant, Emmanuel Macron n’est pas en reste en termes de manipulation historique. Entre ses sorties sur la colonisation qu’il qualifiait de “crime contre l’humanité”, sa négation de l’existence d’une culture française, ou encore son instrumentalisation indécente du massacre d’Oradour-Sur-Glane pendant l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2017, le moins que l’on puisse dire est que notre président ne manque pas de culot. 

Emmanuel Macron devrait également apprendre l’histoire au lieu de la « commémorer ». Ce n’est pas “l’extrême droite française” qui a voté les pleins pouvoirs au Maréchal, c’est une chambre de députés majoritairement à gauche. De surcroît, le gouvernement de Vichy était majoritairement composé de ministres venant de la gauche.  Éric Zemmour, candidat qui se réclame du gaullisme, n’est donc pas vraiment la cible idéale de cette manœuvre.

Il serait peut-être temps pour le président d’enfin se montrer digne du rang qu’il occupe et du titre autoproclamé de Jupiter. Les actions politiques faciles et simplistes de ce type sont dépassées. On peut remercier Éric Zemmour, il est l’une des très rares raisons qui ont permis au grand président de la république de dépasser le périphérique parisien et de découvrir la ruralité. 

Il pourrait également penser à officialiser sa campagne. Lui qui a une si haute idée des finances publiques pourrait ainsi leur épargner le coût de ses visites de candidat. 

Vichy mérite décidément mieux qu’une manœuvre politique qui tombe vite à l’eau.

Christopher Malivert
Rédacteur