Ce jeudi 2 décembre s’est tenu le premier tour de la primaire des Républicains où Éric Ciotti et Valérie Pécresse se sont qualifiés pour le second tour avec 25% des suffrages chacun. L’appel au barrage a déjà commencé et la droite LR nous fait ses adieux. 

A la suite de ce premier tour où Éric Ciotti est arrivé en tête, Xavier Bertrand, Michel Barnier et Philippe Juvin ont appelé à soutenir Valérie Pécresse. La ligne politique que partagent ces quatre technocrates est identique en tout point, bien loin de la vision conservatrice qu’a exposé Eric Ciotti lors de ses précédents débats. 

Il est évident que les récentes sorties d’Éric Ciotti ont entraîné le rassemblement des cadres de chez LR derrière Valérie Pécresse. Sa déclaration de soutien à Éric Zemmour en cas de duel face à Emmanuel Macron est aux antipodes des convictions politiques de ses adversaires Républicains. Éric Ciotti est en réalité bien plus proche d’Éric Zemmour que de Xavier Bertrand ou Michel Barnier, comme il le déclarait lui même lors du Grand Jury,  affichant un réel schisme dans le parti : « Éric Zemmour défend aujourd’hui des idées que pour la plupart je partage, le constat d’un déclin de notre pays. »

Une rupture inévitable

Pour les différents candidats des Républicains, l’annonce d’un soutien possible à Éric Zemmour par Éric Ciotti est synonyme de névrose identitaire et nationaliste inacceptable. Le second tour se déroulera sous les oripeaux du barrage à la haine, du progrès contre la barbarie, de la rationalité contre l’obscurantisme. Cette succursale dont le siège social est à l’Elysée a trahi la droite à laquelle elle n’appartenait plus il y a encore quelques mois.

Le résultat de ce premier tour ne fait que confirmer la superfluité de ce parti politique. Les militants sont séparés entre deux visions politiques. Il y a les notables, les gestionnaires attachés à la compétence gouvernementale et il y a ceux qui se rattachent à la droite souverainiste et conservatrice que constitue la ligne Ciotti, Wauquiez, Aubert et Zemmour. Ces militants LR, qui ont voté et envoyé Éric Ciotti au deuxième tour du congrès des Républicains, veulent une alliance des droites rassemblée dans un parti ayant l’audace de se soucier des besoins de la France. 

La partie technocrate de LR qu’incarnent Pécresse, Bertrand, Barnier et Juvin, n’est plus à droite et ne désire pas se voir affubler d’une étiquette conservatrice, ni même nationale. A la manière de Christian Estrosi et de Renaud Muselier, ces spécialistes de la réforme sans changement se rassembleront derrière Emmanuel Macron dont ils partagent la ligne. 

Avec la venue d’Éric Zemmour souhaitant rassembler les droites jusqu’alors dépréciées et la future exode des comptables sans drapeau, le parti LR n’a plus de raisons d’exister. La nouvelle droite que concentrera Éric Zemmour permettra un renouveau politique à travers une offre électorale inédite. Pour la première fois, la ligne gaulliste sera entendue sans déformation quasi parodique de son dogme. Pour la première fois, l’intérêt de la France primera sur les questions budgétaires et sur les querelles de notables. 

Julien Dupuy
Rédacteur