La semaine dernière, Éric Zemmour était à Nantes dans le cadre de sa tournée baptisée “Croisée des chemins”. Parallèlement à la réunion, les antifascistes ont organisé une opération “coups de poing” et ont tenté d’attaquer ceux qui voulaient assister à la conférence avant de se rabattre sur la police.

Depuis quelques années, ces mouvements font de plus en plus parler d’eux. Le fascisme ayant disparu de France, il faut le faire renaître pour donner une raison à ce mouvement d’opposition d’exister. C’est ce à quoi s’emploient les antifascistes.

Un mouvement noble très vite détourné

L’antifascisme a certainement été l’une des plus importantes causes du XXème siècle. Elle a été menée par des hommes comme Churchill ou De Gaulle qui ont combattu les forces de l’Axe. Ce combat de la liberté contre la tyrannie et du bien contre le mal est encore très présent dans les débats. Quoi de plus beau que de vouloir le rejoindre et lutter à son tour contre l’obscurité ? Le problème est que ce combat s’est terminé le 2 septembre 1945 avec la capitulation du Japon. Dès lors, les États fascistes ont été démantelés et leur idéologie avec. Or, si le camp du mal n’existe plus, il est difficile de définir le camp du bien. Il a donc très vite fallu étendre la définition du fascisme pour permettre au camp du bien, suprême antifasciste, de survivre à n’importe quel prix.

Le Parti Communiste français (PCF) va être le premier à le faire. Après la crise de mai 1958 et le retour probable du général De Gaulle, le PCF a dénoncé déjà une “dictature personnelle” qui ouvrirait la porte au fascisme. Le parti qui a collaboré avec l’Axe jusqu’en 1941 se retrouve à traiter le général De Gaulle de fasciste – suprême ironie ! Lénine disait « Faites leur avaler le mot, ils avaleront la chose ». L’extrême gauche a parfaitement su appliquer ce précepte en élargissant la définition du fascisme à tous ses opposants. Cela lui a permis de dénoncer facilement un ennemi commun tout en se parant de toutes les vertus morales… l’horreur, presque le fascisme.

Le grand mariage entre l’extrême gauche et l’antifascisme s’est produit dans les années 1980. La naissance des mouvements populistes a permis à la gauche d’inventer un nouveau diable. Jean Marie Le Pen a créé le Front national en 1972. C’est aux élections européennes de 1984 qu’il a fait sa grande percée avec presque 11% des voix, marquant ainsi le retour de la “peste brune” et de “la bête immonde”. Des groupes se sont formés pour lutter comme les SCALP (Section carrément anti-Le Pen) qui a ensuite donné le parti « Réseau No Pasaran ».  Les culs bénis de la moraline ont pu faire renaître une opposition simpliste entre bien et mal.

L’extrême gauche a finalement absorbé complètement l’antifascisme et lui a inculqué son principe le plus fondamental, la révolution permanente. Le fascisme n’est plus simplement l’extrême droite ; il devient le conservatisme, le nationalisme, les intérêts de la bourgeoisie. C’est le cri d’un système oppresseur ne voulant pas perdre ses avantages et prêt à écraser ses opposants par tous les moyens. Pour lutter contre cette tyrannie, il faut être révolutionnaire, anarchiste ou communiste. La lutte contre le fascisme n’étant pas une lutte contre le totalitarisme, le mouvement antifasciste est donc passé de De Gaulle et Churchill à Staline et Lénine

“Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même”

La citation de Nietzsche n’a jamais semblé si juste. A force de combattre le fascisme, l’antifascisme en a repris tous les codes et les applique pour le mieux. Depuis longtemps, l’antifascisme a recours à la violence pour faire taire ses opposants politiques et imposer ses idées. Un tournant a eu lieu au cours des manifestations contre la loi travail en mai 2016. Les groupes antifas se concentrent en black bloc. Le but est, lors de manifestations, de former des groupes éphémères pour des actions rapides et violentes. Depuis mai 2016 il est difficile de trouver une manifestation qui ne soit pas rapidement infestée par ces blacks blocs et qui puisse se dérouler sans heurt.

L’apogée de l’application de cette tactique a eu lieu pendant le mouvement des gilets jaune. Les débuts du mouvement avaient été qualifiés de « fâchés et fachos » par les cadres de l’extrême gauche. Cependant, face à son ampleur, ils y ont rapidement vu les gains politiques qu’ils pourraient en tirer. En un samedi, le mouvement jusqu’ici pacifiste est devenu très vite violent. Il n’y a presque plus eu une manifestation sans jeunes personnes habillés en noir et sans saccages.

Le dernier fait d’arme des antifas a été au moment de la venue d’ Éric Zemmour à Nantes. Des menaces de mort avaient pu être affichées dans la ville et un appel à manifester avait été diffusé. Environ 500 personnes y ont répondu. L’idée première était de s’en prendre au potentiel candidat et à ses soutiens. La police rapidement appelée en renfort à finalement fait office d’adversaire tout désigné. Des policiers et leurs véhicules ont été attaqués.  Éric Zemmour a pu malgré tout s’exprimer et a qualifié ces antifascistes de « petits enfants ignorants de Staline ».

Le caractère fasciste des méthodes des antifascistes est évident. Leur organisation rappelle le squadrisme italien : violence contre les opposants, expéditions punitives et ciblage. Le squadrisme avait une particularité, il n’était pas commandé directement par Mussolini mais largement encouragé car il lui permettait d’asseoir son pouvoir. L’État italien fermant les yeux sur ce genre d’agissement car il y trouve son compte pourrait parfois laisser penser à l’État français d’aujourd’hui.

Des révolutionnaires meilleurs agents du pouvoir en place

Pourtant, malgré leurs méthodes et leurs dangers, l’État ne semble pas pressé d’agir contre eux. Parlant régulièrement de quelques centaines d’individus, souvent connus de la police, il est étonnant que depuis plusieurs années ils continuent d’agir en toute impunité à chaque manifestation.

Il faut dire qu’ils sont un atout de communication formidable. Quelle que soit la manifestation et son objet, ses revendications et ses participants, une seule chose attire l’objectif des médias, la violence. On ne commente plus le combat politique des opposants, on commente la casse et les dégradations. Formidable atout pour le pouvoir qui n’a pas à s’expliquer sur les raisons légitimes ou non de la colère des manifestants. Ils peuvent se contenter de condamner les violences et esquiver le fond.

Ils sont également une police politique de premier ordre. Proposant une vision binaire de la politique : on est avec ou contre eux. Ils se chargent eux même de faire le tri des manifestants ayant le droit de défiler et de parler. Le mouvement des gilets jaune avait été le témoin de nombreuses scènes d’opposition en son sein suite à des chasses à l’homme lancé par les antifascistes. Ils divisent donc les mouvements et leur force par la même occasion.

S’ils ne sont pas des alliés directs de l’État, ils sont de toute évidence des alliés objectifs du pouvoir. Ils sont devenus les idiots utiles d’un système qu’ils dénoncent. 

Il est triste de voir qu’un mouvement porté par des noms comme celui de De Gaulle a été dévoyé par une extrême gauche révolutionnaire dépassée par elle-même. Ces mouvements ne sont plus que les ombres d’eux-mêmes doivent être condamnés. La macronie devrait, pour une fois, penser non pas à ses intérêts mais à ceux de la population et aider à endiguer la violence de ces factieux.

Christopher Malivert
Rédacteur