Liberté, égalité, fraternité…. Sauf pour ceux qui ne sont pas vaccinés. Il y a quelques jours quinze présidents de départements ont écrit au Premier Ministre pour demander la suspension du versement du RSA aux “personnes privées d’emploi suite à un refus d’obligation de vaccin”. 

Dans une lettre consultée ce 31 octobre par l’AFP, quinze présidents de département protestent contre l’intention du gouvernement de rendre éligible au RSA les salariés suspendus pour absence de pass sanitaire. Cette lettre, ô combien liberticide, propose de laisser des citoyens démunis pour avoir fait un choix qui devrait être libre. Elle s’inscrit dans la droite ligne de notre gouvernement qui souhaite instaurer une société à deux vitesses.

Une mesure liberticide et antisociale

Il s’agit encore et toujours d’une tentative déguisée d’instaurer l’obligation vaccinale. Après avoir imposé le pass sanitaire (l’exécutif avait promis qu’il n’y en aurait jamais), rendu les tests PCR payants (mais nécessaires à la vie quotidienne si quelqu’un ne veut pas se faire vacciner), et simplement instauré l’obligation vaccinale dans certaines professions, nos élus cherchent désormais à couper le RSA aux non-vaccinés.

Certes, il n’est pas théoriquement obligatoire d’être vacciné, mais un non-vacciné risque son emploi, ne peut plus accéder à de nombreux services de la vie quotidienne, est restreint dans ses déplacements, et maintenant ne peut plus toucher d’allocations. Même si les médias martèlent qu’il n’y a pas d’obligation vaccinale, elle existe bel et bien dans les faits ; elle est simplement indirecte. 

Cette mesure est antisociale, puisque son objectif même est de différencier deux catégories de personnes dans la population, qui n’ont plus accès aux mêmes droits. Et cette mesure antisociale est d’autant plus scandaleuse qu’elle ne nous vient pas de “l’extrême-droite fasciste”, mais des socialistes !

L’antisocialisme des socialistes

Les socialistes prétendent sans arrêt défendre le petit peuple au nom de grands principes. Pourtant, leurs indignations sont à géométrie variable. Par exemple, ils ne prônent « l’égalité des chances » que dans certains cas. Pour faire de l’égalitarisme à l’école (qui a détruit notre enseignement), lutter contre des discriminations qui n’existent que par le biais de statistiques malhonnêtes, les socialistes montent au créneau. Lorsqu’il s’agit de défendre les citoyens de la classe laborieuse, ils sont aux abonnés absents.

Où sont les syndicats et autres associations d’extrême-gauche ? Il est bon de se le demander. Ils ont autre chose à faire que de défendre les droits des citoyens ; ils doivent lutter contre le racisme systémique, le pétro-patriarcat et pour le changement de sexe des collégiens.

Les élus eux sont plus bavards. « C’est incohérent et injuste » déclare le président socialiste Xavier Fortinon, qui estime au contraire que donner des droits différents à des citoyens sur des critères aussi arbitraires est juste. En réalité, Monsieur Fortinon et ses collègues ne veulent pas “passer à la caisse » et dépenser une partie de leurs budgets départementaux pour des gens qu’ils méprisent. La beauté du socialisme, qui change de convictions politiques au gré du vent. Et la classe moyenne paie et finance les voyous d’en haut et d’en bas. 

Les socialistes pourraient lutter contre l’obligation vaccinale et un État qui promeut l’inégalité. Ils pourraient défendre la devise républicaine qu’ils chérissent tant, mais ne leur en demandons pas trop. Ils sont déjà occupés à lutter contre un fascisme imaginaire et des théories plus abracadabrantesques les unes que les autres. 

Ils devraient néanmoins se souvenir de ce dicton célèbre : « Sans justice pas de paix ». 

Henri Dulongchamps
Rédacteur