Sophie Pétronin avait été libérée il y a un an au Mali. Capturée par une faction armée à Gao au nord du pays, sa libération avait fait couler beaucoup d’encre. Le prix payé par l’État français, l’accueil par Emmanuel Macron sur le tarmac de l’aéroport de Villacoublay et son comportement avait laissé pantois. Aujourd’hui elle fait à nouveau parler d’elle, recherché par la police malienne.

Une des « nôtres » pour deux cents des leurs

Sophie Pétronin a passé plus de 25 ans au Mali. Elle est capturée en 2016 à Gao par un groupe armé. Elle est finalement libérée en octobre 2020. Pour cela la France a tout bonnement accepté de libérer environ 200 prisonniers dont de nombreux djihadistes. Ils avaient rapidement diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo d’eux festoyant dans le désert… Le clou de ce spectacle humiliant avait été son accueil sur le tarmac de Villacoublay par le président Macron. Ravi de pouvoir s’afficher devant les caméras avec l’otage, il avait, comme souvent, vite été rattrapé par la réalité. 

Interrogée par les journalistes sur place, l’intervention de Sophie Pétronin avait laissé un goût très amer. Elle avait mis en cause l’efficacité des militaires français à la retrouver, annonçait s’être convertie à l’islam et vouloir le plus vite possible retourner au Mali. Une situation lunaire qui avait mis dans l’embarras le chef de l’État et avait fait bondir les militaires de l’opération Barkhane et une grande partie de la population française.  

Un scandale d’état

Aujourd’hui, Sophie Pétronin est recherchée par la police malienne. C’est l’aboutissement d’une affaire aux airs de scandale d’État. Le prix de sa libération avait déjà tout d’un scandale. 200 hommes, dont la majorité était des combattants, était un affront aux 57 militaires français morts en opération dans la région. La présence et surtout le silence d’Emmanuel Macron lors du discours de Pétronin à son arrivée en France ressemblait à une humiliation. Accueillir sans rien dire une personne pesant sur les militaires donnant leur vie pour la sauver et vantant ses ravisseurs l’ayant « bien traité » était indigne.

La recherche de Sophie Pétronin par la police malienne remet en lumière une affaire vite étouffée. L’aveuglement par opportunisme politique a coûté la libération d’hommes qui ont combattu nos militaires et les combattront certainement à nouveau. On espère que la France n’aura pas à nouveau la bonne idée de libérer 200 ennemis de la France pour payer l’aller-retour de madame Pétronin au Mali.

Christopher Malivert
Rédacteur