C’est ce qu’on appelle l’humour de droite sur internet qui a contribué à la victoire de Donald Trump en 2016 et qui aujourd’hui effraie tant la Commission européenne. Génération Z revient sur l’importance décisive du combat humoristique et numérique dans la très prochaine campagne présidentielle française. 

Comment la mobilisation en ligne des pro-Trump a pesé sur la campagne de 2016

A l’époque où il pouvait encore s’exprimer sur Twitter, Donald Trump n’avait pas manqué de remercier tout spécialement ses « Keyboard Warriors » pour leur aide capitale – ils étaient selon lui bien meilleurs que toutes les agences de pub de Madison Avenue. En effet, c’est au cours de la campagne de Trump de 2015-2016 que l’on a pu être témoin pour la première fois du rôle prépondérant qu’a joué l’humour sur internet dans une élection présidentielle, via des contenus visuels souvent provocateurs et rhétoriques – notamment ce que l’on appelle les « memes » – qui ont contribué au combat métapolitique. 

Trouvant leur vivier dans les plateformes comme 4chan et Reddit, ces Gramscistes 2.0 ont œuvré pour déplacer la fenêtre d’Overton [1] en inondant la toile de contenus humoristiques mais surtout idéologiques, avec un brio et une ferveur sans pareil. Ils ont gagné pied à pied le terrain idéologique pour la défense de la civilisation occidentale et de ses valeurs. De nombreuses études sérieuses ont d’ailleurs démontré l’influence que ces créations et leur diffusion sur les réseaux sociaux ont pu avoir.

Cette « meme army », représentée souvent par des mascottes comme Pepe the Frog, s’est également attaquée à la frange dite de droite mais soumise idéologiquement à la gauche et n’a pas manqué d’originalité pour les disqualifier. Elle a par exemple créé des mot-valise tels que « cuckservative », désignant les personnes qui se disent de droite mais qui se sont abandonnés à l’idéologie de gauche, par couardise ou calcul politicien. C’est en créant des concepts et en inondant internet de « red pills » déguisées dans une forme humoristique que le combat s’est fait, en innovant toujours dans les concepts et les modes qui font loi sur internet. 

De la même façon, il a fallu mettre l’adversaire fasse à la réalité de son aveuglement, en maniant l’ironie d’une main de maître, comme, par exemple, le terme de Social Justice Warrior (SJW) pour désigner les fervents supporters des idées progressistes et politiquement correctes, ou celui de Non-Player Character (NPC), Personnages Non-Joueurs (PNJ) en Français, en référence à ces personnages de jeux vidéo dont l’attitude est déterminée et prévisible car automatisée dans un script. Ce dernier concept n’est d’ailleurs pas éloigné de celui de « normie », désignant ces gens conventionnels qui ne remettent jamais en cause l’opinion populaire. 

C’est donc via ces combats acharnés, qui ensuite débordaient sur Facebook et Twitter, que la victoire de Trump aux élections de 2016 a pu avoir lieu. Bien sûr le combat continue et nous constatons aujourd’hui en France l’importance que la lutte sur internet revêt dans nos élections, en particulier chez les jeunes, et à quel point l’humour politique constitue une force pour nos idées de droite. C’est d’ailleurs pour cette raison que la gauche  s’inquiète grandement de ce champ de bataille idéologique. 

Comment les bien-pensants ont désormais compris l’enjeu

Pandémie, dette, migrants, ce ne sont pas les sujets brûlants qui manquent à Bruxelles. Pourtant, la Commission européenne a trouvé le temps de publier cette année une étude de dix-huit pages appelée « Cela n’est plus drôle : de l’usage de l’humour dans les milieux d’extrême-droite ». Ainsi, deux fonctionnaires européens ont planché pour identifier les contours de la contre-culture réac d’internet et surtout pour en dénoncer le danger extrême. Si vous vous êtes déjà esclaffé devant un mème de Neurchi de Zemmour ou si vous avez relayé une vidéo du Raptor Dissident, vous pourriez bien être un dangereux terroriste d’extrême droite selon ce rapport. 

La Commission ne voit pas d’un bon œil le fait que des millions de jeunes, lassés des discours consensuels de la culture dominante, se soient réfugiés sur internet pour laisser libre cours à leur imagination en produisant du contenu souvent drôle et de qualité. La Commission est consciente du pouvoir idéologique que l’humour de droite sur internet peut avoir et est terrorisée à l’idée que l’on puisse faire obstruction à son agenda progressiste. Il lui faut donc théoriser la dangerosité de ce contenu, l’ostraciser et au plus vite le disqualifier pour ne pas que ce qu’il s’est passé avec Trump en 2016 se reproduise dans un pays progressiste européen. Cela passe naturellement par la censure. 

En constatant à quel point ce sujet est pris au sérieux par Bruxelles et à la lumière de la campagne de Donald Trump, il faut convenir de l’influence de l’humour de droite sur internet et des effets que cela aura dans la course à l’Elysée.

A vos claviers !

Cette campagne présidentielle, la première en France à avoir lieu dans un monde post-covid hyper-digitalisé, se jouera sur internet. Le combat aura plus que jamais lieu de manière immatérielle et nous devrons nous mettre en ordre de bataille afin de livrer cet affrontement pour celui qui aujourd’hui représente nos idées, Éric Zemmour. 

Nous avons l’humour de notre côté, ce qui fait défaut à la gauche, et nous bénéficions d’une jeunesse talentueuse et drôle qui mènera ce grand combat non seulement sur Twitter et Facebook, mais également sur Reddit ou sur des plateformes moins connues du grand public comme le forum 18-25 du site jeuxvideo.com qui bénéficie d’une communauté souvent pionnière en terme de tendances humoristiques sur le web français. 

Il faudra créer, dessiner, parodier, détourner, publier, commenter sans répit et nous contribuerons ainsi, et beaucoup plus qu’on ne le croit, à changer le destin de la France.   

Louis de Mirabeau
Rédacteur

¹ Désigne l’ensemble des idées, opinions ou pratiques acceptées dans une société.