Dans une récente interview, Jean-Marie Le Pen a confié qu’il proposerait son soutien à Eric Zemmour au cas où ses chances d’être élu surpasseraient celles de la présidente du Rassemblement National. Génération Z revient sur cette déclaration.

Le quotidien de déférence, Le Monde, vient de publier à la huitième page un petit encart consacré à des confidences de Jean-Marie Le Pen. Celui-ci a déclaré soutenir Éric Zemmour s’il était « le candidat du camp national le mieux placé ». Cette décision s’ancre parfaitement dans l’idée du rassemblement des droites, initié par Eric Zemmour. 

Pas plus que tout autre politique d’importance, Jean-Marie Le Pen ne peut rester insensible à la formidable dynamique du presque-candidat Zemmour à qui les sondages promettent davantage de jour en jour. Elle tranche formidablement avec l’indéniable essoufflement du Rassemblement National de la fille intronisée. Assurément, le peuple fier qui vit en France refuse de voir rejouer le même second tour qu’en 2017, et la terrible humiliation qui en a résulté. 

À l’évidence, la croisée des chemins coïncide avec la croisée des courbes sondagières, si bien qu’on peut prédire que la promesse de ralliement du patriarche n’est que le signe avant-coureur d’une vague bien plus importante. Les esprits raisonnables mus par une bonne volonté patriote, tel Jean-Frédéric Poisson, n’hésitent plus d’ores-et-déjà plus à le soutenir. Bientôt viendront Nicolas Dupont-Aignan, s’il tient la promesse qu’il a faite à l’occasion d’un dîner confidentiel [1], plusieurs cadres des Républicains et de la droite nationale, des souverainistes, qui, à gauche, refusent de se compromettre dans les dérives sectaires contemporaines. En définitive, ce seront tous les esprits soucieux de soutenir un véritable projet de sauvegarde civilisationnelle en cette effroyable période de l’Histoire de France.

Mais, quoi qu’il en soit, Zemmour séduit car il est de ceux qui ont compris que les idées comptent et qui ne réduisent pas la politique à la lutte des places. À l’inverse, si les Français se détournent du Rassemblement National, c’est parce qu’il se résume à un pot-pourri d’idées décousues et parce qu’il gronde ses électeurs potentiels tels des enfants qui désobéissent. L’audace du constat, la lisibilité du discours, la clairvoyance, l’amour de la chose publique, voilà ce que veulent les Français.

Régis Accoral
Rédacteur

¹  Voir La France n’a pas dit son dernier mot, Paris, Rubempré, 2021, p. 243.