Depuis quelques années, Paris semble être devenue une ville en cours de tiers-mondisation. Insalubrité des rues, quartiers dangereux et vétusté du mobilier urbain sont la norme dans la capitale. Aujourd’hui, Génération Z revient sur le naufrage de la ville lumière. 

Une histoire unique

Paris est la capitale de France depuis Clovis en 508. Elle s’est toujours située au cœur de notre territoire à cause de notre centralisme et de notre étatisme historique. De ce fait, elle fait office de vitrine de la France et nécessite un effort permanent d’entretien et de mise en avant. 

Au Moyen-Âge, Paris est une ville sombre et oppressante. Les rues sont étroites et ne permettent pas d’évacuer les déchets de la population – notamment les déjections -, ce qui facilite la propagation de maladies ou d’incendies. Le surnom de « ville lumière » est dû à une demande de Colbert à tous les Parisiens d’installer une lumière à leur fenêtre pour illuminer les rues et réduire la criminalité grandissante. Les différents faubourgs de Paris possèdent une architecture rendant difficile le maintien de l’ordre, ce qui permettra à la Révolution française de s’imposer dans la capitale.

Napoléon III va donc désigner Haussmann en 1853 pour moderniser la ville. Il va rapidement tracer de grands axes, ouvrir la ville. Enfant du siècle des lumières on promeut l’hygiénisme. Les rues sont rendues salubres et on y installe l’électricité, le gaz, l’eau, dans une grande partie d’entre elles. On modifie l’aménagement des faubourgs pour faciliter la répression en cas d’insurrection et empêcher la construction de barricades en cas d’émeutes. On absorbe les villes les plus proches comme Montmartre ou Auteuil. Tout Paris est métamorphosé pour entrer pleinement dans cette nouvelle époque industrielle. On applique un style propre, Haussmannien, à Paris qui la différencie de toute autre ville et qui en fait aujourd’hui encore une des trois villes les plus touristiques au monde.

Mais en un siècle les choses ont beaucoup changé. Quand on se retrouve aujourd’hui à flâner dans Paris, la réalité est loin de l’image donnée par les cartes postales. Le grand Paris Haussmannien dont chacun a rêvé et que des séries comme « Emily in Paris » ont popularisé n’existe plus. On semble aujourd’hui revenu tout droit à l’époque du Moyen-Âge. L’amour pour l’Histoire de France porté par Notre Drame de Paris Hidalgo et sa cour nappée de vert et de rouge s’attache jour après jour à rendre à Paris sa splendeur du moyen-âge. Comme disait Eric Zemmour « Anne Hidalgo veut vraiment altérer le Paris haussmannien et c’est ça son vrai scandale ».

Un drame qui fait l’unanimité 

Depuis quelques mois Twitter voit régulièrement revenir l’hashtag #SaccageParis qui semble bien résumer la situation. Les chiffres de l’insécurité explosent (augmentation de 46% des coups et blessures en 6 ans, de 684 des vols à la tire etc…). La ville pourtant entrecoupée de grands axes larges devient impraticable. Les pistes de vélo, dont la fréquentation semble toute relative, empêchent toute circulation et défigurent la ville de manière presque criminelle. La ville se désertifie et les prix font fuir les locaux. A plus de 10 000 euros le m² les simples parisiens ne peuvent plus suivre et subissent une gentrification qui les poussent vers la banlieue. Petit à petit la ville devient un musée où les habitations ne servent plus que de Airbnb pour touriste et dont tout le tissu local disparaît pour laisser place à d’innombrables enseignes internationales. Paris perd petit à petit sa nationalité pour devenir une ville monde. Les transformations n’ont plus d’originalité et les nouveaux projets d’aménagement comme le grand palais éphémère par exemple, pourraient aussi bien se situer à New York qu’à Pékin sans que l’on n’y voit aucune différence.

Devant cet effondrement inéluctable, une nouvelle opportunité pourrait être synonyme d’espoir pour notre capitale. Le « Grand Paris » depuis longtemps imaginé, a enfin trouvé un accélérateur avec les Jeux Olympiques de 2024. Il y a désormais une raison, un objectif commun, pour essayer de porter Paris dans un nouveau siècle. Il est possible de donner à Paris l’échelle qu’elle ne peut plus s’empêcher d’avoir aujourd’hui, celle de l’île de France entière et non simplement de l’île du périphérique. En s’inspirant d’Haussmann il pourrait être possible de donner une nouvelle vie à la capitale : ouvrir de nouveaux axes de transports plus grands et efficaces entre Paris et sa banlieue pour les reconnecter à nouveau, casser certaines banlieues comme ont pu l’être certains faubourgs de Paris pour y faciliter le maintien de l’ordre et développer de nouvelles zones comme la Défense pour éviter une surconcentration en un seul point qui déstabilise économiquement et socialement toute la région.

La capitale semble aujourd’hui plus que jamais s’abriter derrière ce mur d’enceinte qu’est devenu le périphérique. Il y a une déconnexion totale entre elle et la banlieue : d’un côté, les Parisiens bénéficient d’un accès facile à toute la ville, de l’autre, les habitants de banlieues sont réduits à faire de longs trajets pour parvenir au centre-ville. Le décalage est d’autant plus total que l’élection municipale de Paris tient compte uniquement des votes parisiens et non des banlieusards, renforçant un peu plus ce clivage et l’écart entre ces deux mondes. Hidalgo étant la candidate de la nouvelle sociologie de gauche, régnant sur Paris et le milieu médiatique, il semble difficile de la déloger de sa tour d’ivoire. On en vient à espérer une mise sous tutelle de la ville, afin de passer outre cette caste et de prendre les décisions nécessaires pour refaire de Paris la capitale de la France, et non pas la capitale du politiquement correct.  

Christopher Malivert
Rédacteur