Plusieurs jours après la décision du CSA de classer Eric Zemmour en tant que personnalité politique et de décompter son temps de parole, le CSA a de nouveau sévi et contraint désormais l’éditorialiste à arrêter son émission Face à l’info sur CNEWS. Manœuvres politiques et abolition de la liberté d’expression sont devenues aujourd’hui les bras armés de l’idéologie dominante. 

Il n’y a plus aucun doute à ce jour qu’Eric Zemmour est une personnalité qui dérange. Seulement, nous étions en droit d’attendre de ses adversaires politiques et du gouvernement une once de respect pour les lois et les institutions de notre pays. La censure d’Eric Zemmour est une offense indiscutable à la liberté d’expression et aux fondements même de la république française. 

Conseil supérieur de la censure 

Ce lundi 13 septembre la chaîne d’information Cnews a publié sur son compte Twitter un communiqué de presse visant à exprimer la décision du CSA : « Bien qu’Eric Zemmour ne soit pas déclaré candidat à l’élection présidentielle qui aura lieu dans 7 mois, le CSA, par la décision du 9 septembre, contraint CNEWS et Eric Zemmour à ne pas pouvoir continuer l’émission qu’ils faisaient ensemble. »

Cette décision, éminemment politique, a été immédiatement contestée par Eric Zemmour et nombre de journalistes et hommes politiques. Cet acte, visant à museler la liberté d’expression d’un journaliste sans qu’il ne soit candidat, est en infraction directe avec la loi. Le président du CSA lui-même, Roch-Olivier Maistre, dans une interview qu’il avait accordée au Figaro le 24 janvier dernier, avait été très clair : « Le CSA ne décomptera pas le temps de parole des chroniqueurs dans celui des partis politiques. Ce n’est pas le rôle qui lui est assigné par la loi audiovisuelle de 1986. »

« Le CSA n’a ni le droit ni la légitimité de juger de l’opinion des gens, et a fortiori de celle des journalistes, dont les droits sont garantis par la Loi de la République. » s’exprimait Eric Zemmour au sujet de cette décision arbitraire. Le président du CSA n’a en aucun cas, par son jugement, respecté la loi qu’il avait fait instituer et démontre, par la même occasion, la partialité politique de cet organisme. 

« Une dérive très grave »

C’est en ces mots que s’est exprimé Françoise Laborde, ex-membre du CSA, qui a qualifié sur son compte Twitter la mesure de honteuse

Invitée sur le plateau de CNEWS, la journaliste a su démontrer avec pertinence l’absurdité de la décision rendue par cet organisme se voulant garantir la liberté de communication : « Ce sont les partis politiques qu’on compte. On ne compte pas M. Mélenchon, mais on compte la France insoumise ; on ne compte pas Marine Le Pen, mais on compte le Rassemblement national. Eric Zemmour, c’est quel parti ? Comment on le compte ? »

Invité samedi soir dernier de Laurent Ruquier et Léa Salamé dans l’émission On est en Direct, Éric Zemmour avait pu observer qu’il n’était guère le seul à faire de la politique et que ses adversaires, omniprésents sur le service public et sur les stations de radio, ne souffriront en aucun cas de cette sanction. A ce sujet, l’écrivain s’exprime : « Pendant que le CSA veut mettre fin à mon émission sur CNews, des procureurs dont le temps de parole n’est pas comptabilisé déversent tranquillement leur propagande sur le service public avec les impôts des Français. »

L’auteur du Suicide Français ne se cache pas de faire de la politique et le revendique «J’ai toujours émis des opinions politiques et c’est bien mon droit en tant que journaliste. »; il est cependant urgent d’observer avec quelle facilité il est possible de faire taire un discours auquel une majorité de Français s’identifient. Comme Eric Zemmour le rappelait, il y a également une préférence idéologique dans les opinions politiques qui peuvent être exprimées : « Le temps de parole de 90% des éditorialistes politiques qui professent tous les mêmes idées de gauche ne les a jamais dérangés. »

Cette nouvelle dérive, à l’encontre des libertés fondamentales que nous octroient notre Constitution et nos lois, cible un journaliste déplorant avec mélancolie le naufrage de la France. Ce déclin, institutionnel et moral, est constaté par la majorité des Français qui ne peuvent qu’observer avec chagrin la répression féroce à l’encontre des idées qu’ils partagent. La censure d’Eric Zemmour ne sera qu’une énième mesure noyée dans un océan de décisions liberticides à l’encontre du peuple français. 

Julien Dupuy
Rédacteur