A l’occasion d’un déplacement à Dunkerque, le 18 juin dernier, Eric Zemmour est allé à la rencontre de petits commerçants.

Le 18 juin dernier, Eric Zemmour s’est rendu à Dunkerque pour aller à la rencontre de ces petits commerçants qui font la beauté de notre pays et de ses traditions ancestrales. Les centres-villes français étaient naguère parsemés de ces charcuteries, ces bars-tabacs, ces fleuristes et ces libraires qui faisaient la vie des cœurs historiques de nos bourgades, mais aujourd’hui, cette magie du quotidien est en voie de disparition.

Non endiguée par le vaccin, la fièvre consumériste de certains a pu être assouvie et pour cause, Amazon organisait son “Prime Day”, stratégiquement placé une semaine avant le début des soldes d’été en France. Une initiative prise malgré les protestations des petits commerçants en pleine difficulté depuis la crise sans précédent qu’ils ont traversée. Cet énième exemple de prédation économique de la part des géants du numérique à l’encontre des commerçants français met en exergue la passivité d’un gouvernement qui ne souhaite pas aider les commerçants, en particulier ces petites enseignes de proximité au cœur de nos villes. Ce sont en effet ces dernières qui sont les plus impactées par cette emprise du e-commerce, puisque les grandes enseignes, plus robustes, parviennent encore à s’en sortir en cassant les prix notamment.

Mais les tribulations que traversent les petits commerçants ne datent malheureusement pas de l’avènement du e-commerce, et ont commencé au cours du développement des centres commerciaux périphériques des années 70. Ces grandes enseignes localisées en banlieue des grandes villes et de préférence à la sortie d’une autoroute se sont donc développées en France mieux que dans n’importe quel autre pays européen. Si bien qu’aujourd’hui plus de 75% des nouveaux espaces commerciaux sont établis en périphéries, enroulant ainsi la corde au cou de nos petits commerces. 

Qu’elle provienne des géants du numérique, ou des grands groupes s’établissant en périphérie des villes, la menace à laquelle font face les petits commerces s’appelle la mondialisation. Mais malgré un tableau qui peut sembler noir, des solutions existent. Pour ce qui est du e-commerce, si la volonté publique était d’encadrer cette activité plus fermement les résultats bénéfiques seraient rapides. Dans le cas cité en exemple, cela passerait typiquement par une obligation de Bruno Le Maire à l’attention d’Amazon d’effectuer son Prime Day pendant la période des soldes françaises. Il ne s’agit pas de refuser l’évolution digitale du commerce, mais simplement de l’encadrer pour favoriser notre économie de proximité. Concernant les espaces commerciaux périphériques, une vraie politique globale de revitalisation des centres-villes serait salutaire. Les communes peuvent par exemple, à travers leurs documents d’urbanisme, limiter drastiquement la possibilité d’installer un commerce hors du centre-ville et ces même centres-villes peuvent être repensés et réhabilités de manière à mobiliser l’énergie sur le cœur de l’agglomération. Beaucoup de choses seraient donc à faire, si l’on voulait troquer les ZAC moroses pour des rues pavées de centre historique bien achalandées, et Éric Zemmour avait résumé la solution en trois points : un moratoire sur la création de grandes surfaces, le soutien financier des mairies pour leurs commerces de centre-ville et enfin la lutte contre Amazon.

Louis de Mirabeau
Rédacteur