Ce dimanche 20 juin, se déroulait le 1er tour des élections régionales. Abstention, chute du RN, politisation du scrutin ; Eric Zemmour devient le candidat naturel de la droite.

Le 1er tour des élections régionales s’est déroulé ce dimanche 20 juin. Maintien des élus Les Républicains, suite – et presque fin – de la mort lente et douloureuse de la France Insoumise et de la gauche radicale, échec de LREM et surtout, énorme ratage pour le Rassemblement National. Cependant, cette élection a quand même un grand vainqueur, à échelle nationale :  Eric Zemmour.

En effet, au-delà de la politique politicienne et de localité du scrutin, ces élections ont un message à nous faire passer : le Rassemblement National n’est plus une alternative crédible. 68% des inscrits se sont abstenus ce dimanche. Les médias ont vu passer, durant toute la soirée électorale, les candidats RN déçus de leur faible résultat et de l’important taux d’abstention. Des discours qui sonnaient comme des sermons. Marine Le Pen, lors de son discours, a été particulièrement dure envers les abstentionnistes « nos électeurs ne se sont pas déplacés, c’est pour cela que je les appelle au sursaut » et a même rajouté « vous observez ce soir les conséquences politiques de votre abstention ».

Ce manque de remise en question est problématique pour les électeurs. Si le taux de participation est aussi faible, ce n’est pas de la faute des français, mais des partis. Ces derniers, et le RN en particulier, n’arrivent plus à élargir leur spectre électoral. Pire : ils démobilisent leurs propres sympathisants en se reposant sur leurs acquis (quelques élus, score décent à la présidentielle, couverture médiatique…). De l’autre côté, la candidature Zemmour est plébiscitée.

Cependant, le succès des LR, la puissance du vote « de droite » et l’effacement de la gauche partout en France, montrent bien que la victoire est idéologique. La France est aujourd’hui majoritairement de droite. Une droite éclatée, certes, entre l’électorat plus aisé et conservateur de LR et les classes populaires du RN. Mais le vote est bien là, les électeurs sont présents et ils partagent le même diagnostic. En 2020, un sondage IFOP commandé par Le Figaro, affichait que 78% de la population française était hostile à l’immigration. Dans un autre sondage, commandé cette fois par le journal du dimanche, l’IFOP montrait que 61% des français pensaient que l’islam est incompatible avec les valeurs de la société française.

Si la victoire idéologique est évidente, il ne reste plus qu’à rassembler les voix. Un peu à l’image de ce qu’a pu accomplir Charles de Gaulle avec le RPF, la France a besoin d’un candidat qui saura réconcilier la droite populaire et la droite libéral-conservatrice. Si les électeurs de cette dernière se sentent orphelins depuis déjà plusieurs années, la droite populaire, elle, commence à rejeter le RN. Devant cette situation, le seul candidat qui pourrait faire l’unanimité dans les deux camps, c’est Eric Zemmour. Ce dernier a montré dans les derniers sondages qu’il touchait toutes les sensibilités à droite et même au-delà.

Alors, peu importe l’issue du 2nd tour des élections régionales, et si finalement, le grand vainqueur de ce scrutin, c’était lui ?

Jean Héry
Rédacteur en chef