« Eric Zemmour est un jacobin emblématique et je ne soutiendrai pas un jacobin emblématique. »
Michel Onfray

« Eric Zemmour est un jacobin emblématique et je ne soutiendrai pas un jacobin emblématique », c’est la façon de Michel Onfray de sacrifier ses convictions souverainistes et patriotes sur l’autel de sa chimère girondiste. En effet, dans sa dernière vidéo publiée sur son site, le philosophe a répondu à la question « Onfray a les mains pures, mais il n’a pas de mains, votre avis ? » (michelonfray.com, 10 avril 2021). Cette interpellation aussi sournoise qu’intéressante, reprend cette célèbre phrase de Charles Péguy contre Kant « Le kantisme a les mains pures, mais il n’a pas de mains » : une façon d’accuser Kant (ou Onfray dans le cas présent) d’être moralement impeccable mais de n’être capable d’aucun acte concret.

Michel Onfray est peut-être Nietzschéen dans la volonté mais Kantien dans la pratique puisque ce dernier reprend totalement à son compte, mais à son corps défendant, la pensée du philosophe auteur de la Critique de la raison pratique, qui consiste à fantasmer un monde où chacun ferait comme lui. Le créateur de la revue souverainiste Front Populaire semble en effet, avoir abandonné ce qui fait l’essence de la France : son identité, sous le seul prétexte que le Jacobinisme fait que tous les candidats à l’élection présidentielle de 2022 se valent. Non M. Onfray, un Mélenchon ne vaut pas un Macron, qui ne vaut pas une Le Pen et qui ne vaut sûrement pas un Zemmour. Non M. Onfray, la souveraineté et l’autogestion ne représentent pas l’horizon indépassable d’un front populiste.

« Mieux que la République, il y a la France. »
Michel Onfray

Pourtant, rien de tout cela n’était écrit. L’auteur du Traité d’athéologie semblait faire sa mue depuis plusieurs années, encore à son corps défendant. L’homme qui jubilait de la possible chute de la civilisation judéo-chrétienne s’était finalement pris d’amour pour cette dernière et plus particulièrement pour la France. Sa mue était sur le point d’être totalement faite lors du débat organisé par Valeurs Actuelles, qui l’opposait à Charlotte d’Ornellas, confrontation durant laquelle ce laïcard républicain assumé,  affirmait qu’il faisait aujourd’hui partie d’un « front de défense de la civilisation chrétienne ». Il répétait aussi régulièrement dans ses interventions que « mieux que la République, il y a la France »

Le « grand homme » de Michel Onfray étant Jean-Pierre Chevènement, nous aurions dû nous en douter. Lui qui avait finalement tourné le dos à Philippe De Villiers en 2002, par peur de se mettre le théâtre antifasciste sur le dos, a préféré, lui aussi, sacrifier ses convictions nationales et républicaines et s’est rangé derrière les libéraux de gauche. 

Espérons que comme avec la gauche « Libération » , Michel Onfray s’émancipera de la gauche « cocue », car comme disait Victor Hugo : « Triste chose qu’un lion qui aboie ».