« La Ve République est un régime qui transfère la légitimité au monarque républicain, élu par le peuple, qui siège à l’Élysée. Les assemblées ne sont plus, contrairement à la doxa républicaine longtemps issue de la Révolution, le cœur de la souveraineté nationale. »

E.Z, Le Figaro, 6 mars 2020

« Les élites, qu’elles soient administratives, politiques, médiatiques, ont retourné l’efficacité des institutions de la Ve contre le peuple. »
E.Z, Le Figaro, 21 décembre 2018

Septennat

A l’heure actuelle, les mandats présidentiels ont une durée de cinq ans et sont renouvelables une seule fois. Cette disposition a été mise en place dans la Constitution en 2000, puis appliquée en 2002 avec la réélection de Jacques Chirac. L’objectif de cette mesure était notamment d’aligner les mandats des députés (qui durent cinq ans) à celui du Président. 

Le 27 mai 1987, Michel Debré exprimait son opposition au quinquennat, en répondant aux questions d’Eric Zemmour pour Le Quotidien de Paris. « L’idée d’un long mandat, c’est de donner des chances à un homme issu d’un parti de s’élever au niveau de la fonction (…). Le quinquennat est un obstacle mis à la capacité d’un homme de parti de devenir l’homme de la France (…). L’avantage des institutions de la Vème République est de permettre le gouvernement de la France dans la stabilité et la cohérence. »

Dans ce sens, Eric Zemmour s’exprime en faveur d’un rétablissement du septennat renouvelable.

« Depuis l’adoption du quinquennat, le Président est devenu un super Premier ministre
et le Parlement n’existe plus. »

E.Z, Face à l’info, 24 septembre 2020

49.3

Eric Zemmour défend une utilisation raisonnée du 49.3, « arme absolue pour réduire les obstructions parlementaires délibérées”, rappelant l’attitude des députés de la France insoumise, « dont certains lisaient des poèmes en guise d’amendements ».

« Cela devient un rituel. À chaque fois qu’un premier ministre décide la mise en œuvre de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, c’est un tollé. Tout le monde (…) fait chorus pour tempêter contre cet « acte de brutalité », ce « déni du Parlement ».

Il rappelle que le 49.3 est un des articles les plus importants de la Constitution. « Il fait partie de l’arsenal du parlementarisme rationalisé, qui a fait la différence entre la Ve République et les deux précédentes, (…) et reste une arme indispensable à tout exécutif qui doit subir une révolte au sein de sa majorité » (Le Figaro, 6 mars 2020).

« Vive le 49-3 ! »
E.Z, Le Figaro, 3 mars 2020

Centralisation et verticalité

La construction de la France s’est faite il y a mille ans selon un schéma centralisé, l’État ayant donné naissance à la nation. Par conséquent, l’Etat central et le modèle jacobin se sont facilement imposés auprès des Français.

Suite à l’élection de François Mitterrand en 1981, nous assistons à l’Acte I de la décentralisation. Une loi relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions est votée en 1982. De 1982 à 1986, 25 lois complétées par environ 200 décrets se succèdent dans ce sens. Parmi les mesures, il y a par exemple l’institution du président du conseil général; la création de la Chambre Régionale des Comptes; la promotion de la région en collectivité territoriale à part entière; la modification de la répartition des compétences entre les communes, les départements, les régions et l’Etat; le renforcement de la coopération intercommunale, ainsi que la démocratie locale (Historique de la décentralisation).

« Nous avons accru la décentralisation avec les lois de décentralisation de 1982, ayant entrainées un désordre incroyable, une gabegie phénoménale, une explosion de l’emploi public inutile. On s’en sortirait mieux (en référence à la crise sanitaire) si on avait gardé l’état d’avant ses lois, très efficace et compétent. »
E.Z

Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac, lance « l’Acte II de la décentralisation » en 2003. Là encore, on assiste à un transfert de compétences nouvelles au profit des collectivités territoriales dans le domaine du développement économique, du tourisme, de la formation professionnelle ou concernant certaines infrastructures comme les routes, les aérodromes, les ports, en matière de logement social et de construction, d’enseignement ou de patrimoine (Historique de la décentralisation).

« Avec sa réforme constitutionnelle qui a fait de la France une nation décentralisée, Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, a mis le ver régionaliste dans le fruit national (…). Tous les présidents de région traitent les préfets comme des valets. Depuis le big bang de 1982, la décentralisation a provoqué une explosion des structures administratives et des dépenses. »
E.Z, RTL, 3 octobre 2017

Eric Zemmour dénonce le processus de décentralisation et souhaite revenir à un système centralisé, né notamment de la Révolution française où la centralisation jacobine autour de la capitale s’impose en France, officiellement déclarée « une et indivisible ».

Zemmour cite à l’envi le Président Pompidou : « La France des régions a déjà existé… ça s’appelle le Moyen-Age ».

Démocratie vs Etat de droit

« L’état de droit n’a rien à voir avec la démocratie. »
E.Z, Figaro Live, 15 mars 2018

Aujourd’hui, beaucoup ont tendance à assimiler les notions, pourtant distinctes, de Démocratie et Etat de droit. Une confusion parfois volontaire visant à répandre l’idée qu’il n’y aurait pas de démocratie sans Etat de droit.  

Dans nos pays occidentaux, construit, post seconde guerre mondiale, sur les valeurs de l’état de droit, toutes normes et actions politiques doivent être exercées sous la surveillance du juge. Eric Zemmour souligne les défauts d’un tel système, rendant parfois impossible l’action politique, comme cela est le cas au sein de l’UE dans le cadre de la politique migratoire. « L’Italie a été empêchée par la jurisprudence européenne de se défendre. » 

Autre illustration de cette confusion volontaire, l’utilisation de cette notion d’Etat de droit, pour tenter de « soumettre les hongrois et les polonais à la conception multiculturaliste et pro LGBT des pays occidentaux », malgré des votes nationaux démocratiques plébiscitant une idéologie tout autre.

Il pense le sujet capital, véritable « nœud gordien de l’avenir ». « On va devoir choisir entre la démocratie et l’Etat de droit. »

« Au nom de l’Etat de droit, on a donné au juge, qu’il soit français ou étranger, le pouvoir d’établir ce qui était conforme ou pas aux grands principes. La démocratie n’est plus le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple, mais le pouvoir des oligarchies par la technostructure pour les minorités et les lobbys. »
E.Z, Le Figaro, 21 décembre 2018

Référendums populaires

« Le référendum est une des grandes innovations de la Ve République. Mais seul le Président avait jusqu’alors le droit de poser la question. Le général de Gaulle avait conçu le référendum comme un moyen de contourner et de vaincre la résistance des élites, qu’elles soient partisanes, parlementaires, économiques ou syndicales. La Ve République était conçue dans son esprit pour établir le contact direct entre le monarque élu et le peuple, par-dessus les notables et les notoires. Et quand le peuple se détournait du roi, celui-ci s’en allait. »
E.Z, Le Figaro, 21 décembre 2018

Eric Zemmour est favorable à l’instauration de référendums populaires car cela permettrait selon lui de « remettre en cause le consensus imposé par les élites médiatiques, judiciaires, politiques, financières, économiques, contre le peuple » (RTL, 21 décembre 2018). Il estime qu’aujourd’hui, « nos élites veulent bien de la démocratie si le peuple ne peut rien dire » (Le Figaro, 21 décembre 2018).

« Le RIC serait le seul moyen de rétablir un authentique suffrage universel. »
E.Z, Le Figaro, 21 décembre 2018

« ll faut rendre hommage aux élites anglaises qui ont montré qu’elles pouvaient respecter le vote populaire et la démocratie contrairement aux élites françaises qui avaient piétiné les résultats du référendum de 2005. »
E.Z, Face à l’info, 04 janvier 2021

Etat profond

L’Etat profond, notion théorisée dans les années 90 et bien souvent reprise aux USA sous le nom de « Deep State », recouvre principalement ce que Richelieu aurait appelé un « Etat dans l’Etat ». C’est-à-dire, un organe ou ensemble d’organes s’émancipant généralement du pouvoir démocratique mais qui, bien souvent, détient une grande partie du pouvoir. Des complexes militaro-industriels aux médias dominants, en passant par les ARS, l’état profond gangrène jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat et empêche le « politique » de garder ou de reprendre le contrôle.

« Emmanuel Macron joue au rebelle (…) il joue avec son état profond, ce qui n’est pas très crédible car il en est la quintessence. »
E.Z, Face à l’info, 31 mars 2021